L’anti-art
Singularités artistiques

L’anti-art

L’anti-art est un paradoxe en soi. En effet, ce courant artistique … rejette l’art ! Une des premières personnes à utiliser ce terme est Marcel Duchamp.

Faire du rejet de l’art une forme d’art !

Il existe plusieurs courants d’anti-art :

  • Certains disent « non » uniquement aux formes dites « conventionnelles » de l’art. Autrement dit, tout ce qui relève des normes liées au marché de l’art, à la plupart des codes artistiques est impitoyablement rejeté.
  • D’autres refusent intégralement l’art : soyons clairs, ce courant ne rejette pas l’art en faisant tout de même de l’art ! Le rejet a plutôt pour but d’expliquer que l’art ne peut pas être détaché des autres segments de la vie. Selon ce courant, l’art ne devrait pas être une spécialité en soi.

D’où vient ce courant ?

L’anti-art serait né dans le mouvement Dada. Ce dernier a multiplié les polémiques, les coups d’éclat et les actions de dénonciation avec un seul objectif : montrer que l’art faisait partie intégrante de la vie. Il est donc vain d’en faire une discipline spécifique.

Cette révolte avait aussi pour but de critiquer les critères établis au sein d’une véritable bourgeoisie de l’art. Certains critiques considèrent que la véritable cible de l’anti-art est cette bourgeoisie et non l’art en soi.

Pour bien rendre visible ce mépris des conventions et de leur cocon rassurant, des œuvres telles que cet urinoir un concept de Marcel Duchamp baptisé « ready-made fontaine » l’oeuvre présentée pour la première fois en 1917 fit évidemment scandale !

Parmi les autres œuvres d’anti-art qui suscitèrent la polémique :

  • 1951 le film « Traité de bave et d’éternité » signé par Isou résume tout le cinéma aux causeries entre des spectateurs d’un film. Ce thème sera à nouveau exploré l’année suivante.
  • 1960 Isou présente une nouvelle oeuvre ou une nouvelle polémique. Cette fois, il s’agit d’un cadre vide qui résume, selon lui toute l’histoire de l’art.

La destruction de l’art sera faite de façon méthodique et va même recevoir un nom : la polythanasie. L’idée est de supprimer les supports, les textures, les matières – bref, tout ce qui permet d’identifier et de différentier une oeuvre d’une autre, un artiste d’un autre.

Ce thème de la disparition de l’art renferme en réalité une autre question : celle de la mort, de la disparition de l’humain, de la destruction de ce qu’il a été visuellement, structurellement. On le voit, cette question de l’anti-art est beaucoup plus complexe, profonde et universelle qu’elle en a l’air.

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